Du beau temps printanier sur la Nièvre, 1150 voitures inscrites, et 30 000 visiteurs sur les deux jours, d'après l'organisation de 3M (Max Mamers Organisation), ce rassemblement automobile hétéroclite méritait d'être vécu pour la première fois.
Hormis un passage rapide à Montlhéry, il y a fort longtemps, pour jeter un coup d'oeil au Grand prix de l'Age d'Or, je ne souviens pas de m'être rendu sur une manifestation sur circuit de ce type, ayant été de tout temps occupé par de véritables compétitions automobiles dites modernes.
A force d'en entendre parler, et récemment incité par l'ami Serge Saulnier (Président du Directoire du circuit de Nevers Magny-Cours), à venir enfin découvrir l'événement (de retour sur le circuit de la Nièvre), me voilà arrivé sur site pour les deux dernières journées d'avril.
Ma toute première venue à Magny-Cours remonte à presque 50 ans, en juillet 1973. J'y étais l'envoyé spécial (texte et photos) du magazine Auto-Course, pour l'un de ces fameux meetings très populaires de l'époque du Simca Racing Team (SRT), à paraître dans le numéro 2 du bimensuel.
A ce moment-là, le patrimoine de la famille Bernigaud était l'expression parfaite d'un circuit champêtre, convivial et authentique ... que les moins de 30 ans n'ont pas pu connaître. N'ayant pas encore mon permis de conduire, je me souviens d'être venu depuis Toulouse à bord de la fameuse Simca 1000 “proto“, reconnaissable à sa calandre de Renault 4L retournée et les perfs de l'ami Jean-Louis Segrette. Un phénomène vainqueur quelques mois plus tard du Volant Total, donnant droit à disputer la saison 74 de Formule Bleue avec une MEP X27.
Hormis l'occasion de revoir quelques mécaniques vues en action ou parfois conduites par le passé, ma motivation était aussi de recroiser de nombreuses connaissances qui gravitent dans ce milieu du “classic“. Et puis avec en point d'orgue le plaisir de retrouver Jean-Louis Schlesser, l'invité n°1 de l'édition. Pour l'avoir cotoyé depuis ses débuts en monoplace, jusqu'à ses championnats de France en Production, puis mondiaux d'Endurance avec sa Sauber-Mercedes, mais aussi lors de son Grand Prix d'Italie F1 88 disputé chez Williams en remplacement de Mansell. Et même il y a une trentaine d'années en tenant le rôle du “sac de sable“ dans le baquet de droite à son côté lors d'une édition des 24 Heures sur Glace de Chamonix. Le rallye-raid n'ayant jamais été ma tasse de thé, je ne l'ai que très rarement croisé depuis.
Je me suis donc pris de plaisir à arpenter le paddock et la voie des stands, retrouvant par hasard une poignée de vieilles connaissances de la course, et en constatant de nouveau l'enthousiasme bon enfant y régnant. J'ai toujours admiré la patience et l'abnégation de tous ces passionnés les plus divers, notamment ces fans capables de faire la queue devant les structures des sponsors de l'épreuve, pour décrocher un autographe des principaux invités vedettes, ce dont je suis parfaitement incapable.
Pour ma part - j'ai dû être mal habitué - ma patience a vite touché ses limites. Ayant eu le privilège depuis plus de cinquante ans - c'était vite devenu un métier - d'accéder globalement à tous les recoins des circuits, j'avoue que je me suis heurté à un mur d'incompréhension samedi matin. Lorsqu'une charmante personne de l'organisation, à qui j'ai présenté mon attestation d'assurance spéciale personnelle requise, couvrant tous les risques d'accidents professionnels au contact de sports à risques, médicaux ou de vie privée, m'a informé ne pas pouvoir me remettre une chasuble donnant droit à me rendre le long de ce tracé, autour duquel j'ai parcouru tant de kilomètres durant de nombreuses années dans la voie de sécurité.
La brave jeune dame sous-informée aurait voulu que ladite piste de Magny-Cours soit expressément mentionné dans mon attestation. Apparemment, donc, pour un journaliste et photographe de presse professionnel depuis un demi-siècle, fût-il détenteur d'une carte de presse honoraire justifié par son statut de retraité (encore actif), il apparaît véritablement bien difficile de mériter d'aller faire quelques photos sur un bord de piste lors de ce sympathique événement populaire, certes, mais sans compétition officielle, et qui se double manifestement aussi d'une belle entreprise commerciale. A juste titre, Il est bien plus aisé d'obtenir les laissez-passer piste dans certains événements de renommée internationale. Citons à titre d'exemple les meetings GT de SRO, ou même le très exotique Grand Prix de Macao.
Je mettrai donc en doute la sélectivité de certaines logiques appliquées par l'organisation de ces Classic Days.
A la suite de quoi, après avoir fait part du problème à l'organisateur en chef, puis ayant en quelque sorte fait le tour de la question, je me suis résolu à ne passer qu'une seule journée sur site, avant de m'en épargner une plus frustrante le dimanche. Dommage en tout cas de n'avoir pu aller croiser d'autres bons amis, et notamment d'avoir le plaisir de saluer entre autres Jean Ragnotti, Jacques Laffite ou Tico Martini ...
Voici donc, à défaut d'avoir pu la compléter par quelques clichés d'actions en piste, une petite et arbitraire galerie photos bien statique de ce samedi 29 avril, achevé dans la quiétude et la belle lumière du soir dans la campagne nivernaise.
Jean-Luc Taillade
Photos © Jean-Luc Taillade & Marie-France de Riberolles
( Cliquer sur les photos pour agrandir et faire défiler ) Mai 2023
A l'occasion de l'invitation lancée à Jean-Louis Schlesser, hommage était rendu à son oncle Jo Schlesser, avec notamment la présence de sa Ford GT 40 MK I de 1964. © JL Taillade
Serge Saulnier, Président du Directoire du Circuit de Magny-Cours, accueillant l'invité spécial de ces Classic Days, Jean-Louis Schlesser. © M.F. de Riberolles
Rétrospective de la carrière en circuit de Jean-Louis Schlesser, avec en point d'orgue ses deux titres mondiaux en Voitures de Sport avec Sauber-Mercedes. © JL Taillade
Rétrospective de la carrière en circuit de Jean-Louis Schlesser, avec en point d'orgue ses deux titres mondiaux en Voitures de Sport avec Sauber-Mercedes. © JL Taillade
Jean-Louis Schlesser et Alain Ferté, en mode “vieux complices“ toujours jeunes. © JL Taillade
Schlesser toujours très disponible dans les stands et le paddock. © JL Taillade
Alain Ferté, Jean-Claude Ruffier et Jean-Louis Schlesser, un authentique trio de bons vivants. © JL Taillade
La famille Oligo pose avec Jean-Louis Schlesser, près de la Martini MK41 FR ex-Yannick Dalmas. © JL Taillade
Le jeune Alan Oligo, élément conseillé par Jean-Louis Schlesser. © JL Taillade
Affluence de Porsche dans les paddocks pour les 60 ans de la mythique 911. © JL Taillade
Quand on tombe nez à nez dans le paddock sur une Renault 10 à la livrée bordeaux, identique à sa toute première voiture. © JL Taillade
Le clos bien fourni des R8 Gordini. © JL Taillade
BMW en force également. © JL Taillade
Martini MW1 de 1968, la première F3 de la marque nivernaise construite par Tico pour l'école de pilotage Winfield. © JL Taillade
Tecno FP 100 Formule France de 1970. © JL Taillade
Beau contingent de MEP X27 Formule Bleue. © JL Taillade
Martini MK 20E Formule Renault Europe de 1977 ex-Patrick Piget, propriété de Dominique Tacco. © JL Taillade
Martini MK41 ex-Yannick Dalmas, champion de France FR avec Oreca en 1984. © JL Taillade
Patrick Piget, Champion de France de Formule Bleue 74, et vainqueur de la seule course de Formule Renault ayant échappé à Alain Prost en 76, continue de piloter pour ses amis d'un club charentais. © JL Taillade
Carrément furieux, Patrick Piget, le samedi matin, après avoir été envoyé sur une piste souillée de liquide de refroidissement, avant un drapeau rouge, puis été contraint de stationner 20 minutes sur la voie des stands avant l'obligation de rejoindre le paddock. © JL Taillade
Carrément furieux, Patrick Piget, le samedi matin, après avoir été envoyé sur une piste souillée de liquide de refroidissement, avant un drapeau rouge, puis été contraint de stationner 20 minutes sur la voie des stands avant l'obligation de rejoindre le paddock. © JL Taillade
Sourire retrouvé pour Patrick Piget, qui prend plaisir à piloter cette Martini MK 65 FR de 1993. © JL Taillade
L'analogie n'est jamais loin entre les chevaux mécaniques et les animaux. Chez Formule Emotion, on gratte la gomme des pneus avec une étrille. © JL Taillade
Cette Sarta FR de 1989, construite à Téloché (Sarthe) par Patrick Legeay, est unique. Elle est la propriété de Yannick Laffond, l'épouse du président de l'association du Circuits des Remparts d'Angoulême. Cette belle monoplace m'évoque un souvenir fracassant et douloureux, car lors de la course des Challengers des Finales Renault de Nogaro 89, pilotée par le jeune Nicolas Péan, elle est venue, roues bloquées, percuter violemment au premier tour ma Martini MK57 ex-Stephan Grégoire, alors que je virais en tête dans l'épingle de l'Ecole de Pilotage ! © JL Taillade
Autre rareté, pilotée ici par Thomas Jamin (le fils de l'ami Patrick), cette exemplaire de Fior Formule Renault construite en 90 pour l'école de pilotage de Nogaro par le regretté Claude Fior (constructeur des premières Formule Campus). © JL Taillade
Cette Ailef 592 Formule Renault, construite aussi en unique exemplaire à Grenoble par Lionel Favier et Daniel Rigolet, avait fait des débuts fracassants en terminant 4e au GP de Pau, avec l'aide de Fernand Chistel, pilotée par Philippe Leclercq. J'avais servi de médiateur pour monter l'opération. Manque l'aile avant monoplan sur cette photo. © JL Taillade
Jacky Ickx, autre invité de légende du week-end, avec Serge Saulnier. Sept victoires aux 24 Heures du Mans à eux deux (6 au volant pour le Belge, 1 en tant que Team-manager Peugeot pour le second). © M.F. de Riberolles
Jacky Icky avant sa démonstration avec la Ferrari 312 B2 de 1971. © JL Taillade
Avec cette Ferrari 312 B2, Ickx remporta le Grand Prix des Pays-Bas 1971. © JL Taillade
Avec cette Ferrari 312 B2, Ickx remporta le Grand Prix des Pays-Bas 1971. © JL Taillade
Avec cette Ferrari 312 B2, Ickx remporta le Grand Prix des Pays-Bas 1971. © JL Taillade
Philippe Varleine et Igor Bietry, les animateurs vocaux haut en couleurs des Classic Days, en retrouvailles avec des amis. Et ils en ont beaucoup ! © JL Taillade
Philippe Varleine, speaker du Trophée Andros et des Classic Days, en compagnie du mari de la dame de la photo précédente. © JL Taillade
Max Mamers et son plus fidèle “lieutenant“ Henry Mathieu. © JL Taillade
Benoît Abdelatif, l'associé de Max Mamers et organisateur des Classic Days, très occupé. © JL Taillade
Le commissaire technique Jacky Toinel, Henry Mathieu et Max Mamers en compagnie du pilote de cette Ferrari Daytona. © JL Taillade
Fanfare motorisée de rigueur. © JL Taillade
Affluence de passionnés, notamment pour les files d'attente pour espérer décrocher un autographe de la main d'un des invités majeurs du meeting. © JL Taillade
Bentley Blower Le Mans 1929. © JL Taillade
Alpine M63. © JL Taillade
L'Alpine-Renault A442, que s'apprête à piloter Philippe Peauger, est à ce jour le plus prestigieux des prototypes de la marque, pour avoir remporté les 24 Heures du Mans 1978, dans une version A442B pour Jean-Pierre Jaussaud et Didier Pironi. © JL Taillade
L'Alpine-Renault A442, à ce jour le plus prestigieux des prototypes de la marque pour avoir remporté les 24 Heures du Mans 1978, dans une version A442B pour Jean-Pierre Jaussaud et Didier Pironi. © JL Taillade
Le fameux V6 Turbo, en configuration 1996 cm3 sur la A442, allait préfigurer la version 1500 cm3 de la marque au losange pour la F1. © JL Taillade
Dominique Bachard, le mécanicien fidèle des aventures Alpine prototypes et Renault F1, et Jean-Charles Rédélé, le fils du fondateur d'Alpine, aux petits soins pour l'A442. © JL Taillade
Dominique Bachard, le mécanicien fidèle des aventures Alpine prototypes et Renault F1, et Jean-Charles Rédélé, le fils du fondateur d'Alpine, aux petits soins pour l'A442, avec Philippe Peauger au volant. © JL Taillade
Dominique Bachard, le mécanicien fidèle des aventures Alpine prototypes et Renault F1, et Jean-Charles Rédélé, le fils du fondateur d'Alpine, aux petits soins pour l'A442. © JL Taillade
Mc Laren M1B 1966, première Canam de la marque. © JL Taillade
Ford GT 40 MK II 1966. © JL Taillade
Lola T 70 Spyder 1967. © JL Taillade
La première BBM, encore ornée du nom de Guy Dhotel, pilote emblématique de la marque. © JL Taillade
La Moynet LM 75 était pilotée par un fameux trio féminin. © JL Taillade
Inaltera de 1976, qui a préfiguré toutes les Rondeau. © JL Taillade
Ford C 100 Gr.C 1983. © JL Taillade
Pescarolo LM P1 2011. © JL Taillade
Le Trophée des 70e 24 Heures du Mans. © JL Taillade
Le Trophée des 70e 24 Heures du Mans en visite à Magny-Cours, sur fond de Peugeot 908. © JL Taillade
Un nid de Mini Cooper S. © JL Taillade
Lotus 49 F1 1967. © JL Taillade
Lotus 49 F1 1967. © JL Taillade
La température est montée pendant les deux jours des Classic Days. © JL Taillade
Les répliques de casques de nombre de pilotes mythiques sont disponibles à la vente. © JL Taillade
Simulateurs Legend Track, société de Colmar. Un mix du modernisme avec le “classic“. © JL Taillade
Le casque bleu de France de Jean-Pierre Beltoise, une décoration si simple mais tant déclencheuse de passion dans les 60's. © JL Taillade
Entre Magny-Cours et Nevers, la quiétude de la halte nautique de Plagny, animée le samedi soir par le passage d'une partie de la parade des Classic Days. © JL Taillade
Entre Magny-Cours et Nevers, la quiétude de la halte nautique de Plagny, animée le samedi soir par le passage d'une partie de la parade des Classic Days. © JL Taillade
Entre Magny-Cours et Nevers, la quiétude de la halte nautique de Plagny, animée le samedi soir par le passage d'une partie de la parade des Classic Days. © JL Taillade
Soleil rasant de début de soirée printanière sur la paisible campagne nivernaise, tout près du circuit et de Saint-Parize-le-Châtel. Les bovins charolais se regroupent en fin de journée. © JL Taillade
Soleil rasant de début de soirée printanière sur la paisible campagne nivernaise, tout près du circuit et de Saint-Parize-le-Châtel. Une allée domaniale toute en courbes. © JL Taillade
Soleil rasant de début de soirée printanière sur la paisible campagne nivernaise, tout près du circuit et de Saint-Parize-le-Châtel. Généreux pâturage pour cette jument. © JL Taillade
Soleil rasant de début de soirée printanière sur la paisible campagne nivernaise, tout près du circuit et de Saint-Parize-le-Châtel. Bel échantillon de forêt nivernaise. © JL Taillade
Soleil rasant de début de soirée printanière sur la paisible campagne nivernaise, tout près du circuit et de Saint-Parize-le-Châtel. Les bons yeux apercevront le lièvre au fond du champ. © JL Taillade
Soleil rasant de début de soirée printanière sur la paisible campagne nivernaise, tout près du circuit et de Saint-Parize-le-Châtel. Curieuse, la jument ne semble pourtant ne pas en avoir marre de sa solitude. © JL Taillade
Dimanche matin, le moment de quitter Saint-Parize et Magny-Cours, brève halte devant La Grande Chaumière. Célèbre hôtel-restaurant gastronomique sur la RN7, il n'a pas suppporté le passage à 2x2 voies de cet axe fréquenté, et en est désormais décalé et désafecté. Reste le souvenir de nombreuses soirées passées dans cet établissement réputé, à l'occasion des courses de Magny-Cours. © JL Taillade
Dimanche matin, le moment de quitter Saint-Parize et Magny-Cours, brève halte devant La Grande Chaumière. Célèbre hôtel-restaurant gastronomique sur la RN7, il n'a pas suppporté le passage à 2x2 voies de cet axe fréquenté, et en est désormais décalé et désafecté. Reste le souvenir de nombreuses soirées passées dans cet établissement réputé, à l'occasion des courses de Magny-Cours. © JL Taillade